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perturbateurs endocriniens

Communiqué de presse du Dr Joëlle MÉLIN

Les 2/3 des résidus de pesticides dans l’alimentation seraient des perturbateurs endocriniens potentiels !

« Plus de 6 résidus de pesticides sur 10 quantifiés dans l’alimentation européenne sont des perturbateurs endocriniens suspectés », rapporte l’ONG Générations Futures, suite à son enquête ciblée publiée le 4 septembre 2018.

Or, les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances naturelles ou des mélanges chimiques capables de modifier le fonctionnement du système hormonal humain ou animal et de provoquer des effets nocifs tant chez les individus exposés que sur leur descendance. Ces substances peuvent être présentes dans des détergents, plastiques, cosmétiques, textiles et peintures… De nombreux pesticides ou biocides sont également des PE avérés ou suspectés.

En effet, après analyse approfondie des données publiées en juillet 2018 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), Générations Futures a pu établir que 69 433 résidus de pesticides suspectés ont été quantifiés sur les 109 843 résidus étudiés au total. La contamination alimentaire par les pesticides serait donc très largement une voie de contamination par les PE.

En octobre dernier, le Parlement européen, et plus particulièrement notre groupe ENL, rejetions la définition proposée par la Commission concernant les PE, jugeant cette définition trop laxiste, et surtout sujette à polémique depuis que l’Allemagne y avait fait inscrire une dérogation pour les molécules spécialement conçues pour perturber le fonctionnement du système endocrinien ; ce qui aurait encouragé de fait la fabrication de pesticides ayant comme mode d’action la perturbation endocrinienne.
La deuxième version de critères scientifiques déterminant les pesticides PE a finalement été proposée par la Commission et votée par les Etats membres en décembre dernier. De nouveau, nous ne pouvons que déplorer la faiblesse de cette définition.

Le groupe ENL juge urgent que la Commission revoie sa copie face à un tel enjeu de santé publique et cesse de subir la pression toujours croissante des lobbyistes de l’industrie chimique, faisant enfin de l’alimentation une réelle priorité au même titre qu’un plan de substitution rapide des pesticides PE.